L’eau qui gèle d’un coup quand on la cogne
À l’école, on apprend que l’eau gèle à 0 °C. Pour faire des glaçons, il suffit donc de la mettre au congélateur et d’attendre. Pourtant, l’eau ne se laisse pas toujours faire.
Une bouteille d’eau très pure, sans la moindre poussière, peut rester des heures au congélateur sans geler. Autre condition : elle doit refroidir bien immobile, sans aucune secousse. Elle devient alors plus froide que 0 °C, mais reste liquide.
Cette eau-là tient en équilibre, prête à basculer. Un choc sec de la bouteille contre une table, et tout change : une couche blanche apparaît en haut, près du bouchon. Puis la glace descend d’un coup jusqu’au fond.
Pour geler, l’eau a besoin d’un point de départ, un minuscule grain autour duquel la glace commence à se former. Dans une eau très pure, il n’y en a pas. Elle attend, comme une rangée de dominos debout. Le choc, c’est la pichenette sur le premier : la glace démarre, et plus rien ne l’arrête.
En hiver, la même chose arrive dehors. Des gouttes de pluie restent liquides alors qu’elles sont plus froides que 0 °C. En touchant la route, elles se changent aussitôt en glace et la rendent très glissante : c’est la pluie verglaçante. Chaque goutte joue le même tour que la bouteille : elle n’attendait qu’un petit choc pour devenir glaçon.
