Quand la mer se change en glace
Au congélateur, l’eau du robinet se transforme en glace à 0 °C. L’eau de mer, elle, résiste plus longtemps : elle ne gèle que vers −2 °C. Et quand elle gèle enfin, elle réserve une surprise.
Le responsable, c’est le sel. Dans un litre d’eau de mer, il y en a presque deux cuillères à soupe. Ce sel gêne l’eau quand elle essaie de se ranger en glace, alors il faut un froid plus fort pour y arriver. Plus l’eau est salée, plus elle a besoin de froid pour geler. C’est pour la même raison qu’on jette du sel sur les routes en hiver : il empêche le verglas de se former.
Près des pôles, l’hiver est assez froid pour que la mer gèle. Elle se couvre alors d’une immense couche de glace qui flotte : la banquise. Mais en gelant, l’eau de mer laisse son sel de côté. La glace se forme avec de l’eau presque pure, et le sel reste dans de petites poches d’eau glacée très salée.
Peu à peu, cette eau très salée, plus lourde que l’eau autour, s’échappe vers le bas. Après plusieurs hivers, la vieille banquise a perdu presque tout son sel. Les explorateurs des pôles le savent bien : pour avoir de l’eau à boire, ils font fondre de la vieille glace de mer. De la mer gelée qui donne de l’eau douce !
Le savais-tu ?
Sous la banquise, l’eau très salée qui s’échappe peut fabriquer un tube de glace qui descend jusqu’au fond de la mer. On l’appelle le « doigt de glace ». Sur son passage, il gèle tout, même les étoiles de mer trop lentes pour s’écarter.
