Quand les Romains lavaient leur linge à l’urine
Dans la Rome antique, il n’y avait pas de lessive en poudre. Pour laver les toges et les tuniques en laine, il fallait enlever le gras et la saleté. Les Romains avaient pour ça un produit gratuit, que tout le monde fabriquait.
Une toge, c’était un grand drap de laine blanche que les citoyens enroulaient autour de leur corps. Pour la garder blanche, ce produit gratuit faisait des merveilles : c’était l’urine. Laissée quelques jours dans un pot, elle se transformait et sentait très fort. Elle libérait alors de l’ammoniaque, un produit qui décolle le gras et qu’on trouve encore dans certains nettoyants pour la maison.
Dans les rues, de grands vases attendaient devant les boutiques. Les passants s’y soulageaient, puis des ouvriers venaient récupérer le contenu. Ce liquide partait chez les blanchisseurs. Dans de grandes cuves remplies d’eau et d’urine, ils piétinaient le linge pendant des heures, comme on écrase du raisin pour faire du vin. Ensuite, ils le rinçaient à l’eau claire. À Pompéi, on peut encore voir les cuves d’une de ces blanchisseries.
Les blanchisseurs n’étaient pas les seuls clients : les tanneurs s’en servaient aussi pour nettoyer les peaux de bêtes avant d’en faire du cuir. L’urine rapportait tellement que l’empereur Vespasien a créé une taxe dessus. Aujourd’hui encore, en France, on appelle les vieux urinoirs de rue des « vespasiennes ».
Le savais-tu ?
Pour rendre les toges encore plus blanches, les blanchisseurs les étendaient sur une grande cage en osier, en forme de cloche. Dessous, ils faisaient brûler du soufre, dont la fumée piquante blanchissait la laine.
