Champ de blé abîmé et couvert de grêlons après un orage

La grêle qui a précédé la Révolution

Il y a plus de 200 ans, la plupart des Français étaient des paysans, et le pain était presque leur seule nourriture. Une mauvaise récolte de blé, et c’était la faim. Or en 1788, le printemps et l’été avaient été très secs.

Le 13 juillet, juste avant la moisson, un orage terrible a traversé une grande partie de la France, en passant près de Paris. Des grêlons gros comme des œufs ont haché les champs de blé. Le vent a déraciné des arbres, arraché des toits et brisé des milliers de vitres. Dans les prés, des moutons et des volailles ont été tués. En moins d’un quart d’heure, des récoltes entières ont disparu.

Puis l’hiver suivant a été glacial. À Paris, la Seine est restée prise dans la glace pendant presque deux mois. Les habitants manquaient de bois, et certains brûlaient leurs vieux meubles pour se chauffer. Le prix du pain s’est envolé. Les ouvriers les plus pauvres dépensaient presque tout leur salaire pour se nourrir. La colère montait contre le roi et ceux qui gouvernaient.

Un an et un jour après l’orage, le 14 juillet, les Parisiens ont pris la Bastille. Ce jour-là, le pain atteignait à Paris son prix le plus haut de tout le siècle. L’orage n’a pas fait la Révolution à lui seul, mais il a rendu la faim, et la colère, encore plus fortes.

Le savais-tu ?

Cet orage a traversé la France en une seule matinée, du Poitou jusqu’au nord du pays. Sur son passage, la grêle a ravagé une bande de champs longue de plusieurs centaines de kilomètres.


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